Pourquoi j’ai décidé de partir seule en voyage…

Partir seule en voyage, sortir de sa zone de confort, prendre soin de soi, alléger sa charge mentale, suivre ses propres rythmes

Dans une quinzaine de jours, je m’envole pour le Guatemala. Je pars léger, avec juste un sac à dos, de quoi lire, écrire et prendre des photos. Je n’ai rien prévu de particulier, juste me retrouver. Découvrez pourquoi j’ai décidé de partir seule en voyage

Alléger sa charge mentale

Mes journées de maman sont plutôt bien remplies, comme c’est souvent le cas chez les mamans. Les années passent sur moi me laissant de plus en plus de cheveux blancs et je vois les enfants qui grandissent… et moi qui vieillis, indubitablement.

La vie.

La quarantaine, aussi, sûrement. Parce que oui, je ne vais pas me mentir, dans un an, je change de dizaine.

Je m’entends encore dire aux amis : “Mais non, quarante, ça change rien! C’est dans la tête tout ça!”. En effet, c’est dans la tête. Et là, ma tête, elle a besoin d’un break. Elle est fatiguée de ces huit années de contrôle permanent de glycémie (j’ai une fille diabétique insulino-dépendante), de changement de cathéter, de rendez-vous chez le médecin, de commandes de fournitures à la pharmacie, fatiguée de ces années de médiation entre les enfants, de négociations, de popotes et de lessives, d’activités à organiser, de rendez-vous à prendre, de rituels du dodo, de bains qu’on ne veut pas prendre et de brossages de dents… Fatiguée des tâches ménagères quotidiennes, des formulaires X et Y à remplir, des factures à payer, des “Mamaaaaaaaaannnnn !!!” à longueur de journée… fatiguée d’être une maman, une infirmière, une éducatrice, une cuisinière, une psychologue, conteuse, comptable, couturière, bricoleuse et j’en passe.

Je veux me retrouver MOI.

Aujourd’hui, je ne sais même plus de quoi je suis capable. Quelles sont mes forces? De quoi ai-je envie? Qui suis-je au fond? J’ai l’impression d’être en mode automatique depuis trop longtemps, et j’ai cruellement besoin de sortir de ma zone de confort, de découvrir, de sentir, de partir à l’aventure… avec moi-même!

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Crédit photo: Les fées mères

Sortir de sa zone de confort

Je me souviens de mes rêves d’enfant. Ils ne sont pas si loin pourtant. Je pourrais presque les toucher du doigt! Si je ferme les yeux, ils sont là qui me chatouillent le bout des pieds. Marcher, voyager, explorer, créer.

Et puis le temps passe. Pour combler mon besoin d’aventure, je lis Ella Maillart, Bernard Ollivier, Nicolas Bouvier, Théodore Monod… Les journées avec les enfants, elles, sont ponctuées de rituels (qui sont essentiels), réglées comme du papier à musique. Bien qu’ils n’aillent pas à l’école, nous avons tout de même notre rythme quotidien, des temps forts autour desquels on se retrouve. On apprécie d’être ensemble, à la maison, de grandir ensemble (parce que oui, on continue de grandir même quand on est grand!). On apprécie cette sécurité d’avoir une maison, un travail, de quoi manger. Mais on se couche le soir, fatigués de nos journées. On crie souvent (trop souvent)… et on se lève le matin avec la même rengaine (Avouez, ça vous parle!).

Rendu-là, il est temps de faire quelque chose.

Notre vie ne s’arrête pas quand on a des enfants, elle se noie juste dans le marasme du quotidien.

 

Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle! (Paolo Coelho)

 

Suivre son propre rythme

Et puis, quand on voyage en famille, même si on apprécie le partage d’expériences, les découvertes, le fait de se retrouver le soir pour manger ensemble… on est souvent amené à faire des compromis. Tout un tas de compromis. L’un veut faire la visite du musée, l’autre se baigner, dormir plus longtemps ou se lever à l’aube… Les vacances en famille sont faites de compromis, de frustrations et donc, de lâcher-prise. Inéluctablement.

Ecouter ses envies sans subir les frustrations. Ne pas passer à côté d’une expérience, pouvoir prolonger un moment, se coucher plus tard ou se lever plus tôt, ne pas être tenu par des heures de repas, se contenter d’un couchage minimum s’il le faut, prendre un jour de plus, marcher, encore marcher, changer d’avis… Quel bonheur!

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Prendre soin de soi

Partir seule pour prendre soin de soi pour prendre soin des autres. C’est ça aussi.

Se remplir pour pouvoir mieux donner. Ressentir le manque aussi, l’absence, la solitude, pour pouvoir apprécier ce que l’on a. Prendre du recul, méditer, écouter.

Et puis lutter contre cette petite voix intérieure qui nous dit que c’est égoïste, fou, irresponsable. Lutter contre cette même voix qui nous fait sentir coupable de laisser sa famille, ses enfants… Lutter contre cette peur à l’intérieur. Peur de la solitude, peur de l’inconnu, peur de tout cet espace soudain autour de soi. Que vais-je faire de mes soirées, loin, là-bas? Comment organiser mes journées? Que faire de tout cet espace vide que je ne connais pas?

Apprendre à se connaître. Ecouter le silence autour de soi et en soi. Voilà.

Et puis, on n’est jamais seul quand on voyage. Alors, c’est aussi créer de l’espace pour de nouvelles rencontres, de belles rencontres. S’ouvrir au monde, s’immerger, complètement. Etre disponible, tout simplement.

 

La suite bientôt, donc… avec mes premières impressions de voyage!

 

Et vous? A quand date votre dernier voyage en solo?

 

 

 

10 Replies to “Pourquoi j’ai décidé de partir seule en voyage…”

  1. J’adore voyager seule. La toute première fois, c’était assez simple, je n’avais pas encore d’enfants, et je suis partie carrément 6 mois à pied en Amérique du Sud. Un de mes plus chouettes souvenirs. J’en suis revenue ayant goûté la liberté, et pleine du besoin de la vivre chaque jour dans ma vie, avec ou sans mes enfants…
    Depuis quelques années, j’ai commencé le chemin de Compostelle. J’y vais de façon régulière, et j’avance par tranches de 7 à 15 jours, totalement seule, à mon rythme, à mon envie. C’est bon, ça ressource, ça répare, et ça remet en route la machine à fabriquer des rêves ! Je pense que les belles idées de ma vie, celles qui ont marqué mon chemin durablement, sont nées discrètement de ces longues marches solitaires…
    Je te souhaite plein de belles choses pour ce voyage.
    Ce n’est certainement pas moi qui vais nourrir ta petite voix du remords ou de la honte face à un choix pareil. J’en ai besoin régulièrement, et mes enfants semblent s’en porter parfaitement bien ! 😉

    1. Merci belle amie 🙂 J’aime beaucoup ta phrase “ça ressource, ça répare et ça remet en route la machine à fabriquer des rêves!” C’est tout à fait ça!

    2. Bonjour, J’aimerais comme toi partir en Amérique du Sud seule et me lancer. Quel était ton itinéraire? 😀

      1. J’avais emporté un guide qui couvrait toute l’Amérique du Sud, et je me suis laissée guider. Au final, j’ai fait Équateur-Pérou-Bolivie-Chili-Aregntine (et un petit tour sur l’île de Pâques aussi). Zéro regrets, vraiment !

  2. Bravo à toi Sabrina ! Ose ! Continu de t’écouter.
    Tu me donnes envie mais pour l’instant ce n’est pas possible Clémentine est trop petite.
    Le temps passe vite et dans 3-4 ans c’est quand même bientôt.
    J’ai fait un voyage en solo à l’âge de 24 ans : 5 mois au Guatemala et au Mexique, ce fût vraiment un super voyage.
    Je me sentais libre et forte après ce voyage.
    Bisous xxx Camille xxx

    1. Oui, c’est difficile de partir quand les enfants sont tout petits… Il y a un temps pour tout. Ce voyage, je l’attend depuis longtemps en fait… Merci pour ton message Camille, ça me touche beaucoup! Bises

  3. Eh ben, moi je suis presque en train de remettre en cause le unschooling tellement j’en ai marre, en plus il pleut depuis 1 mois, j’ai le dos en compote, les gosses pètent les plombs… mais un bébé de 14 mois toujours allaité, ça coince…
    Partir 15 jours?! j’ai même pas de quoi les emmener au resto! vie de merde, des fois… je regrette pas le Canada, mais au moins y avait plus d’espace! Le ciel était plus grand! Notre maison est mal placée, milieu de village, pas d’arbres… bon voilà, je suis très contente pour toi! ça va être trop bien, je partirai mentalement avec toi: fais-moi prendre l’air!

    1. Et bien ma belle! Faut pas que tu lâches ! Vous êtes tellement riches à vous tous! Regarde tout le chemin parcouru! Ces jours-là ne vont pas durer. Rappelle-toi que l’été n’est pas loin et que tu es pleine de ressources. C’est dur la vie d’une maman homeschooling… C’est éprouvant. Mais souviens-toi des raisons qui t’ont amenée à faire ce choix. Sans forcément partir 15 jours, qu’est-ce que tu pourrais mettre en place assez facilement pour te dégager du temps pour toi et “t’évader” ? Et ta formation? Où en es-tu? C’est un beau projet je trouve.
      Je t’envoie plein de courage et d’ondes positives.

  4. J’ai presque pleurer en te lisant, j’en rêve !!! Mais suis comme Alix, avec un bb tjs allaité et des petits monstres à s’occuper,… Un jour peut-être,… Ou pas… En tout cas profite en bien et hâte de suivre ton aventure pour rêver aussi. Tout plein de bisous ma belle !!!!!

    1. Un bébé allaité, je suis passée par là aussi et c’est une si belle aventure en soi! C’est sûr que c’est plus difficile avec une grande famille (mais pas impossible). Le temps viendra où les enfants seront un peu plus grand et où tu pourras les laisser…si tu le sens et si tu en as envie. Parce que la plus grande aventure, finalement, c’est de se réaliser dans ce qu’on aime 😉 Et ce que tu réalises avec tes enfants et ce que tu créés de tes dix doigts est tellement beau!

      Ce voyage, je le fais pour nous toutes les mamans! Je vous emmène avec moi, soyez-en sûres ! Pour que vous ne perdiez pas votre nord… (ou votre sud, hahaha).

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