10 livres pour voyager, autrement

10 livres qui me font voyager

Et si on partait, toi, moi, nous, dans un pays aux couleurs de sable, sculpté par les dunes et aux ombres qui s’allongent jusqu’au crépuscule? Si on pouvait y être juste en fermant les yeux? Si on pouvait y être juste en ouvrant un livre? Quand je ne voyage pas, j’aime me plonger dans des récits qui ouvriront la porte au voyage.

J’avoue avoir eu du mal à choisir, car la liste est longue, mais voici une petite sélection de mes 10 livres préférés pour voyager, ici, maintenant, plus loin…

1. Wild de Cheryl Strayed

Ça se passe où? : Sur le Pacific Crest Trail, aux Etats-Unis, un sentier de randonnée qui relie la Californie du nord au sud.

Le récit : “Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile un sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, elle choisit de s’en remettre à la nature et de marcher. Elle part seule pour une randonnée de mille sept cents kilomètres sur le ” Chemin des crêtes du Pacifique “, un parcours abrupt et sauvage de l’Ouest américain. Elle affronte les rigueurs des déserts et des sommets et se fond dans la beauté grandiose et solitaire des paysages. Au long du chemin, elle va laisser libre cours à ses pensées, renouant avec elle-même pour finalement retrouver sa voie. Franche, dynamique, un brin déjantée, la jeune femme nous livre un récit touchant, une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.”

Mon avis : J’affectionne tout particulièrement ce récit qui correspond à 200% à ma vision du cheminement personnel. Pour se retrouver, il n’y a rien de mieux que d’aller se perdre… dans la montagne, au cœur de la nature sauvage, seul(e) avec un sac sur le dos et de bonnes jambes pour marcher. J’ai aimé les multiples références littéraires, l’histoire personnelle de la jeune femme, sa persévérance malgré les doutes, les peurs, le découragement et à travers tout cela, sa force…

 

2. Longue marche de Bernard Ollivier

Ça se passe où? : Quelque part sur la route de la soie, Istanbul et Téhéran.

Le récit : “Parvenu à l’âge de la retraite, mais point résolu à se ranger pour cela, Bernard Ollivier a décidé de partir avec son sac, c’est tout, pour une promenade de quatre ans. Jusquà Xian en Chine. Douze mille kilomètres de route – de piste surtout – et pas plus de quatre sous en poche : il dort quand il le peut chez l’habitant, au hasard de l’hospitalité qu’on lui offre. Le présent volume relate la première saison de son voyage (printemps-été 99). Parti d’Istanbul, il comptait atteindre Téhéran ; de méchantes aventures l’ont arrêté à quelques kilomètres de la frontière d’Iran. Il reprendra la route dès que la neige aura fondu sur les hauts cols du Kurdistan. Les tribulations, on le verra, ne lui ont pas manqué. Les belles rencontres non plus. Il lui est même arrivé de se frotter à un ou deux miracles (nous sommes en Orient). Quant à savoir pourquoi il s’entête à aller ainsi… il ne sait trop. On lui a cent fois posé la question, elle l’embarrasse toujours. Peut-être a-t-il écrit ce livre pour tenter d’y répondre.”

Mon avis : Parmi les récits de voyage, celui-ci est l’un de mes préférés par son authenticité. Il s’agit encore un récit où la marche est fondamentale, mais j’avoue être personnellement attirée par ces ouvrages où l’on apprend autant du voyage et des autres que sur soi-même. Il en est de même pour L’Usage du monde de Nicolas Bouvier ou encore des ouvrages de Sylvain Tesson, Antoine de Saint-Exupéry ou Jack Kerouac... Pour moi, ce sont des références incontestables sur l’écriture de l’ailleurs et du nomadisme…

 

3. Méharées de Théodore Monod

Ça se passe où? : Afrique et désert de Mauritanie

Le récit : “Théodore Monod a parcouru le désert pendant plus de soixante-dix ans. Il nous entraîne ici dans ses premiers raids à dos de chameau, qui le conduisirent à travers la Mauritanie et le Sud marocain. Plus que la soif de performance, c’est le paysage et la végétation qui l’intéressent. Falaises, sables, pierres, scorpions : il décrit avec précision cette vie si rare et pourtant si précieuse, tout comme il raconte l’histoire de ces régions où, dans les années trente, il entendit parler d’une mystérieuse météorite qu’il ne cesserait de chercher durant un demi-siècle…”

Mon avis : J’ai découvert Théodore Monod lors d’un trekking dans le désert de l’Adrar, en Mauritanie, en 2005. Souvent, à chaque voyage, je m’inspire d’un récit du lieu où je me rends. Je n’ai pas été déçue de cet ouvrage, qui  décrit à la perfection les sentiments qui nous envahissent lorsque l’on traverse à pied une partie du désert saharien en compagnie de touaregs et des dunes à perte de vue.

 

4. Paris est une fête de Ernest Hemingway

Ça se passe où? : France, Paris

Le récit : Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, l’auteur débarque à Paris avec sa jeune épouse. Au-delà du simple roman, on y trouve des notes rassemblées dans le Paris des années 20. Un Paris fait de rencontres artistiques et littéraires où l’écrivain y trouve toute l’inspiration nécessaire. Anecdotes, instants fugaces, mémoire d’un écrivain guidé par les saveurs de la gastronomie française, du vin et des rencontres dans une période de sa vie où l’argent se faisait rare…

Mon avis : Cet ouvrage, comme bien d’autres, m’a ouvert les yeux sur un Paris littéraire et décadent. L’étudiante que j’étais alors et qui habitait dans le 13e arrondissement, se délectait des rencontres de café et des aventures artistiques de cet écrivain de la génération perdue. Déjà, j’étais touchée par son style, concis, minimaliste et son côté aventurier…

10 livres qui me font voyager, Échappée belle

5. Traité des peaux de Catherine Harton

Ça se passe où? : Groenland, Nunavik et Québec

Le récit : “Dans des forêts où les ancêtres appellent la poudrerie le souffle de la mort, une joaillière fabrique des bijoux avec des plumes d’oiseaux, un homme de 54 ans correspond avec celui qui a envoyé un message dans une bouteille jetée à la mer, un autre attend que l’orage éclate pour ouvrir la bouche et le boire en entier. La nature ouvre ses branchies, dans ce livre, où l’on demande et propose le pardon. Le Traité des peaux est rempli de talismans qui viennent de la terre. Ses paysages nous montrent que nous sommes un peuple nordique et que nous ne sommes pas seuls au monde. Nous habitons des lieux peuplés de reliques, où un seul mouvement brusque peut faire migrer toute une colonie.”

Mon avis : Depuis que je suis expatriée au Québec, je me suis fixée comme défis de lire Un livre québécois par mois. Le Traité des peaux fut mon premier et j’en suis ressortie profondément touchée. Ce recueil de nouvelles se déroulant au Groenland, au Nunavik et au Québec a su me toucher par son authenticité. L’auteur y décrit une vie dure et sauvage où la cohabitation avec l’homme blanc est amère, violente, fondée sur l’ignorance et l’abus, le non-respect des savoirs ancestraux, de la Terre-Mère, nourricière… L’écriture, poétique, décrit avec sensibilité l’horreur, la mort, la honte, l’humiliation présente, partout. Un livre où j’ai eu envie de pleurer mon monde…

 

6. Mange, Prie, Aime de Elizabeth Gilbert

Ça se passe où? : En Italie, en Inde et en Indonésie

Le récit : “À trente et un ans, Elizabeth Gilbert possède tout ce dont une Américaine ambitieuse peut rêver : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Elle devrait nager dans le bonheur, pourtant elle est rongée par l’angoisse, le doute, l’insatisfaction… S’ensuivent un divorce, une dépression et une liaison désastreuse qui la laissent exsangue et encore plus désemparée. Elle décide de tout plaquer pour partir seule à travers le monde. À elle de se construire la vie qu’elle s’est choisie ! En Italie, elle goûte aux délices de la dolce vita et prend les “douze kilos les plus heureux de sa vie”, en Inde, ashram et rigueur ascétique l’aident à discipliner son esprit (lever à 4 heures du matin, méditation et nettoyage des sols !) et en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver l’équilibre qu’on appelle le bonheur… Elizabeth Gilbert nous invite à un voyage vers l’inconnu joyeux et émouvant, libéré des mascarades et faux-semblants. À travers une mosaïque d’émotions et d’expériences culturelles, elle a su conquérir le cœur de millions de lectrices qui ont aimé pleurer et rire avec elle. Et qui rêvent de changer de vie, elles aussi…”

Mon avis : Difficile de passer outre ce récit teinté d’humour sur fond de réflexions boudhistes. Je crois même que je devais avoir le même âge que l’auteur au moment de ma lecture (mais je n’étais pas dans la même situation). Pourtant, combien on se retrouve, un jour ou l’autre, faisant face aux mêmes questions existentielles! Je me suis toujours dit qu’un jour, moi aussi je partirai méditer dans un Ashram en Inde ou que j’irai affiner ma pratique du yoga lors d’une retraite à Bali. Un livre introspectif invitant à la découverte de soi.

 

7. Le cimetière des livres oubliés  de Carlos Ruiz Zafon

Ça se passe où? : Espagne, Barcelone

Le récit : Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, “ville des prodiges” marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon, Daniel Sempere, le narrateur, dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y “adopter” un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets “enterrés dans l’âme de la ville” : L’Ombre du Vent.

Mon avis : Je me suis laissée prendre par la lecture de cette série épique, historique et quelque peu fantastique où la littérature mène le jeu. J’ai aimé partir à la rencontre d’un univers palpitant où les histoires semblent s’imbriquer parfaitement les unes dans les autres pour résonner à travers le temps.

 

8. La trilogie New-yorkaise de Paul Auster

Ça se passe où? : New-york, Etats-Unis

Le récit : “De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l’art de la narration est sans doute la plus déterminante. C’est qu’il suffit de s’embarquer dans la première phrase d’un de ces trois romans pour être emporté dans les péripéties de l’action et étourdi jusqu’au vertige par les tribulations des personnages. Très vite pourtant, le thriller prend une allure de quête métaphysique et la ville, illimitée, insaisissable, devient un gigantesque échiquier où Auster dispose ses pions pour mieux nous parler de dépossession.”

Mon avis : J’ai découvert les écris de Paul Auster alors que j’étais en deuxième année de Lettres Modernes à l’Université de Nantes, en France. Depuis, la liste de ses ouvrages s’est multipliée et il occupe une grande place dans ma bibliothèque personnelle. J’aime son style, l’imaginaire dédalien de ses récits et sa façon de décrire les rues de New-York ou de Brooklyn. C’est parce que j’ai lu Paul Auster que j’ai, depuis longtemps, envie d’aller visiter la “Grosse Pomme”!

9. La réserve de Russell Banks

Ça se passe où? : Dans les Adirondacks, aux Etats-Unis

Le récit : “Quand en juillet 1936 le peintre Jordan Groves rencontre Vanessa Cole dans son luxueux chalet en bordure d’un lac des Adirondacks, il ignore qu’il vient de franchir la ligne qui sépare les séductions de la comédie sociale et les ténèbres d’une histoire familiale pleine de bruit et de fureur. Si attaché qu’il soit à sa femme et à ses deux enfants, ou aux impératifs d’une carrière artistique déjà brillamment entamée, Jordan ne peut longtemps se soustraire à l’irrésistible attraction qu’exerce sur lui la sulfureuse Vanessa… Très loin de là, en Europe, l’Histoire est en train de prendre un tour qui va bientôt mettre en péril l’équilibre du monde. Déjà, certains écrivains, tels Ernest Hemingway ou John Dos Passos, ami de Jordan Groves, ont rejoint l’Espagne pour combattre aux côtés des républicains. Sur les rives du lac, Jordan Groves etVanessa Cole s’approchent l’un de l’autre, l’avenir du premier déjà confisqué par le passé de la seconde, pour explorer leurs nuits personnelles dont l’ombre s’étend sur chacun de ceux qui les côtoient…”

Mon avis : C’est grâce (ou à cause) de ce livre que je suis allée explorer une partie des Adirondacks l’année dernière au cours d’un week-end de randonnée en forêt. La description des montagnes et des lacs m’avait intimement donné envie de découvrir cette région des Etats-Unis. C’est effectivement un lieu sauvage et enchanteur, propice à la marche et à la contemplation.

10. L’appel de la forêt de Jack London

Ça se passe où? : Dans les montagnes du Yukon, au Canada

Le récit : Choyé par son maître, le chien Buck n’a pas de raison de se méfier des humains. Un homme va pourtant l’arracher à son foyer, un autre va lui enseigner la dure loi du plus fort. Devenu chien de traîneau, il découvre la violence et le goût du sang. Il s’éloigne de la civilisation lorsqu’une voix venue de la forêt éveille dans sa mémoire l’appel de la nature. “Dans la profondeur de la forêt résonnait un appel, et chaque fois qu’il l’entendait, mystérieusement excitant et attirant, il se sentait forcé de tourner le dos au feu et à la terre battue qui l’entourait, et de plonger au cœur de cette forêt, toujours plus avant, il ne savait où ni pourquoi, il ne se posait pas la question, mais l’appel résonnait impérieusement, dans la profondeur des bois.”

Mon avis : À travers les aventures du chien Buck, nous sommes entraînés vers une quête de la nature (humaine). Par delà les montagnes, les forêts et le froid du Yukon, on est émus jusqu’aux larmes des découvertes terrifiantes et tellement réalistes de la dure vie des chiens de traîneaux. Un voyage formidable dans la quête de l’état sauvage.

 

Vous l’aurez remarqué, la plupart des livres que j’ai choisis ont pour environnement la montagne, la marche et l’état sauvage. Je crois que cela traduit bien mon état d’esprit!

Et vous? Quels sont les livres qui vous font voyager et/ou vous donnent le goût de partir à l’aventure?

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